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Neuro-psycho


La petite punition des prétentieux

Elles sont définies comme un contraction involontaire, douloureuse…Elles marquent surtout la fin de tout espoir, le début d’un long calvaire…Contraints à des étirements sur le bas-côté, c’est humilié, impuissant, qu’il vous faut attendre un semblant de relâchement.

Exit tout espoir de perf ! C’est à présent prudemment, claudiquant,  qu’il vous faut  tenter de rallier l’arrivée. Car la prochaine crampe vous guette, tapie…

Et elles fusent les contre-vérités ! Les vieilles croyances infondées ! Et ils sont là ! Victorieux !  Les donneurs de leçons, les spécialistes…

« Tu ne t’es pas assez hydraté ! ». "C'est une carence en sodium,en zinc, en magnésium…!"

 

Qu’il faille boire ! Avant ! Pendant ! Qu’il faille « cumuler des bornes », s’entraîner ! Qu’il convienne d’éviter un départ trop brutal ! Vous n’êtes pas sans l’ignorer !

 

Pourtant les faits sont accablants ! Elles viennent systématiquement anéantir vos espoirs, vous rabaisser au rang de loser…

Car la crampe, n’a rien de noble..Elle n’est qu’un vulgaire inconfort momentané,  sans graves conséquences, elle  n’est que la petite punition des prétentieux, des mal-entraînés…

C’est une évidence ! Nous ne sommes pas tous égaux ! Certains n’en seront jamais affectés, d’autres, malgré toutes les précautions,  ne sont jamais parvenus à atteindre la distance escomptée sans en être perclues.

 

Pas sûr qu’expliquer à ces bannis, qu’il existe une prédisposition génétique, vienne à les réconforter ! Tout juste pourront-ils évacuer leurs frustrations en insultant leurs foutus parents !

Pourtant ! Tout n’est peut-être pas perdu ! Avez-vous déjà entendu parler de la théorie de Martin Schwellnus, directeur de l’université de Medecine du sport de Cap Town ? Elle pourrait bien vous permettre d’essuyer l’affront ! D’ériger l’index, victorieux, à l’encontre de tous ceux qui ont osé vous classer dans la catégorie des « chochottes » inaptes au combat ! 

 

SPORTIVES_1990_LIVRE_PHOTOS_IMAGES_ILLUSTRATIONS_SPORT_LES_EDITIONS_COLLECTORS_GERARD_VANDYSTADT_036.JPGLes muscles du mollet, les  quadriceps,  fortement sollicités, sont les plus enclins aux crampes..bien plus que les fessiers...

 

 

 

Un réflexe protecteur déréglé

 

 Commençons par ce qui pourrait vous apparaître une lapalissade mais qui pourtant constitue le postulat premier de Schwellnus : le risque de crampes chez un sportif est plus grand lorsqu’il réalise un exercice plus long et plus intense.

 

Et puis évoquons ces mécanismes réflexes qui tendent à protéger vos muscles d’un étirement trop important ou d’une contraction trop intense.

 

Peut-être avez-vous déjà entendu parler du fameux réflexe myotatique. En réponse à un étirement, le muscle se contracte. Ce mécanisme réflexe involontaire n’est autre que celui que votre médecin généraliste cherche à vérifier en tapant avec un marteau sur le tendon rotulien !

 

Taper sur le tendon ! C’est provoquer un léger étirement du muscle ! Des récepteurs sensibles à cet étirement et enfouis au cœur du muscle, vont alors véhiculer l’information jusqu’à la moelle épinière d’où naît un message nerveux moteur, commandant, en réponse à ce léger étirement, une légère contraction.

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Le réflexe myotatique veille à protéger le muscle d'un étirement trop intense...

 

 

 

 

Et bien il existe un mécanisme inverse. Oui ! En réponse à une contraction trop intense un message inhibant (atténuant) la contraction du muscle, peut être déclenché par la moelle épinière.

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Le réflexe myotatique inverse veille à une contraction musculaire trop intense.

 

 

 

 

Un équilibre entre ces deux réflexes aux conséquences opposées veille à protéger les structures musculaires et tendineuses et contribue à nos qualités proprioceptives.

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Au cours d'un effort, c'est le cerveau qui commande la contraction musculaire mais les réflexes myotatiques jouent aussi un rôle et contribuent à protéger muscle et tendons
 

 

Selon Schwellnus, durant un exercice musculaire prolongé, le mécanisme réflexe inhibiteur permettant d’éviter les contractions musculaires excessives, deviendrait inactif.

 

Progressivement, l’équilibre viendrait donc à être rompu, avec une plus grande sensibilité à la contraction maximale et une moins bonne capacité de relâchement. L’absence de message inhibiteur aboutirait alors à la crampe.

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Il est vrai que les crampes surviennent principalement dans les muscles qui se contractent fréquemment, gardant la position raccourcie durant de longues périodes. Seuls les muscles qui ont l’opportunité de s’allonger, se relâcher, au cours de l’effort, en sont exempts.

D'ailleurs, l’étirement n’est-il pas le moyen le plus efficace de restaurer cette activité inhibitrice ?

 

 

 

Quelle est la cause de ce dysfonctionnement ? Comment expliquer cette disparité quant à la propension à être affecté par ce type de déboire. Peu probable que « la petite punition des prétentieux » ou des "malchanceux", sollicite suffisamment d’intérêt auprès de la communauté scientifique pour qu’une étude sérieuse vienne élucider cette énigme.

En tout cas, effectué à distance d’un entraînement, d’une compétition, en dehors des périodes d’échauffement, ou de récupération, surtout après un travail excentrique ayant occasionné de la casse musculaire, il semble qu’à la lumière de cette nouvelle théorie, le débat quant à l’intérêt des étirements n’ait plus lieu. 

 

 

 

Autour du même thème :

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Bibliographie:

Lore of runnig Tim Noakes P823

http://www.levif.be/actualite/sante/voici-comment-en-finir-avec-les-crampes/article-normal-414469.html

 

 

 

 

 

 

 


20/10/2016
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