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Façonner un cerveau de champion !

Façonner un cerveau de champion   !

 

 

C’est criant…Les corps sont de plus en plus spécialisés et collent de mieux en mieux avec les niches athlétiques…

Mais limiter le sport à de simples corps aux qualité athlétiques hors normes ne suffit pas….

Pour hisser la performance à des records inégalés, en plus de corps spécialisés, il faut façonner les cerveaux !  

Oui ! Car le sport, c’est aussi et surtout, de l’anticipation, de la coordination, de la vitesse d’exécution, des prises de décision rapide, quasi instinctives….

 

Encore mal connu il y a quelques années, le cerveau est en passe de délivrer certains de ses secrets.

Oui ! Grâce aux techniques d’imagerie cérébrales, il est à présent possible d’étudier les zones actives du cerveau lors de la réalisation d’un geste technique, d’une activité physique..Il est même possible d’observer les modifications provoquées par une phase d’apprentissage!

Oui ! Les réseaux de neurones peuvent être modifiés à tout âge.Cette capacité à se modifier est appelée par les neurologues : plasticité.

 

 

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 Qui est la gymnaste ? Qui saute en hauteur ? Qui fait du trampoline ou du plongeon ? 

 

Quelles modifications du cerveau peuvent être observées au cours de l’entraînement ? Comment parvient-il à gérer une multitude d’informations ? Comment la science explique cette capacité d’anticipation, cette capacité à réaliser le geste juste de façon quasi instinctive ? 

 

 

 

A chaque sport sa carte motrice !

Quand il s'agit d'un mouvement volontaire difficile de passer sous silence le rôle du cortex moteur primaire. 

 En stimulant de façon méthodique certaines parties de ce cortex moteur, les scientifiques constatèrent que chaque zone de ce cortex, contrôle les muscles d’une région bien précise du corps. Et la surface de ces zones dépend de la sensibilité motrice de la région.

C’est ainsi que l’aire du cortex moteur allouée aux fesses est peu étendue et ceci même si vous avez un gros cul !! Oui ! Hormis, les adeptes du « Booty shake », rares sont ceux dont la motricité des muscles du postérieur s’avère élaborée. En revanche, les mains qui peuvent parfois venir à les caresser sont, elles, dotées d’une motricité particulièrement fine, et permettent de véritables prouesses, tout comme la bouche….

 

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L’homonculus moteur figure un humain dont les différentes parties du corps ont une taille proportionnelle à la surface des zones de l’aire motrice qui les contrôlent. 

 

 

 

Mais les techniques d’imagerie fonctionnelles ont permis d’aller encore plus loin et d’observer les effet d’un apprentissage moteur sur l’étendue de ces aires motrices. Oui ! L’apprentissage d’un geste technique, puis sa répétition à l’entraînement, s’accompagnent d’une modification des réseaux de neurones. Les zones de l’aire motrice primaire allouées au contrôle des muscles les plus sollicités, voient leur surface s’étendre avec l’entraînement.

Une modification des réseaux de neurones, transitoire et réversible, peut même être observée après seulement 10 minutes d’apprentissage d’un geste technique.

Mais l’étendue des aires motrices augmente, et surtout se stabilise, sur une période de temps plus grande, d'au moins plusieurs semaines de répétitions. 

Aussi,  s’exercer des milliers d’heures à reproduire les mêmes gestes techniques, aboutit à une automatisation inconsciente de ces mouvements.

 

Scan0153 (5).jpgChez un pongiste professionnel, les zones de l'aire motrice primaire allouées au contrôle de la motricité de l'avant-bras et du poignet sont très étendues et fortement actives lors d'un exercice sollicitant ces muscles. D'autres aires concourent également à l'élaboration du mouvement. Si l’analogie devait être faite avec l’équipage d’un bateau, le cortex moteur primaire  ne serait que le rameur. La commande du bateau, en l’occurrence ici, la planification du mouvement, puis le choix des muscles à contracter,  font appel à d’autres aires, en avant du cerveau. 

 

 

Sous pilote automatique

Oui ! Quand un exercice ne nous est pas familier, il nous faut mobiliser une grande part de nos facultés intellectuelles. La totalité de notre attention, notre concentration, sont entièrement allouées à cette tâche… Difficile en effet pour un gamin apprenant à dribbler de lever la tête et apercevoir ses partenaires.

 Mais après plusieurs milliers d’heures d’entraînement, il est de moins en moins nécessaire de faire appel à la partie consciente de notre cerveau…Place aux automatismes ! La conscience est court-circuitée, le geste devient instinctif, plus rapide, plus précis.

 C’est alors en pilote automatique, en laissant agir son subconscient, que l’athlète parvient aux meilleures performances.

 Il n’est d’ailleurs pas rare que lors de certains grands événements, sous la pression, l’enjeu, certains sportifs viennent à sortir de cette zone optimale de fonctionnement intérieur, ce "flow", et voient cette belle mécanique s’enrayer.

 Oui, le simple fait de vouloir s’appliquer plus qu’à l’habitude, le simple fait de réfléchir à son mouvement, c’est courir le risque de voir son cortex préfrontal prendre la commande.

Or ce cortex préfrontal, ce pilote non automatique, faisant appel au domaine du conscient, sollicité il y a bien longtemps lors de la phase d’apprentissage, ne sait plus faire le boulot correctement, n’est pas capable de reproduire avec la même justesse le geste escompté.

 

 

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Trois lancers francs ratés dans la dernière minute de la prolongation en demi-finale de l’euro 2015. 

 

 

Outre un geste plus efficace, allouer la plupart de ses actions motrice au pilote automatique, permet de réserver son attention, sa concentration, à d’autres tâches, au positionnement de ses équipiers, de ses adversaires. Plus l’aisance technique est grande, plus la capacité à intégrer les informations extérieures, orienter le jeu, est grande…

 Mais il n’est pas rare de constater que des sportifs parfois très techniques, ayant une excellente adresse se trouvent bien moins efficaces en situation de jeux, dans un contexte dynamique changeant ! L’habileté motrice ne suffit pas !

 

Comment expliquer que les sportifs de haut niveau soient aussi doués pour opter systématiquement et aussi rapidement pour la bonne action ? 

 

 

Se décider bien et vite..une histoire de mémoire

Une prise de décision aussi rapide n’est possible qu’en ayant intégré un grand nombre de situations de jeux.

Oui ! En s’entraînant à reproduire des séquences de jeux, en cumulant les temps de match, le sportif mémorise de nombreuses scénari. Il se constitue une banque de situations qu’il stocke dans sa mémoire à long terme.

Mais un peu comme pour le contrôle de la motricité, une partie de ces informations est stockée dans une mémoire implicite. Oui ! il s’agit d’informations mémorisées dont l’athlète n’a pas conscience, et là encore, ce court-circuitage de la mémoire consciente, permet de diminuer le temps de réponse et opter pour la bonne stratégie, de façon instinctive….

 

zidane.jpegOutre une grande aisance technique , Zidane a probablement intégré de façon inconsciente un grand nombre de situations de jeux lui permettant d'opter de façon instinctive et très rapide pour le bon choix 

 

 

 

 

Ces nouvelles techniques d’études du cerveau ne se contentent déjà plus de simplement valider des pratiques déjà bien établies et élaborées par simple empirisme.

De nouveaux outils apparaissent déjà. C’est ainsi que Manchester en Football, le stade toulousain en rugby, ont testé les bienfaits d'une machine baptisée "3DMOT" sur la concentration, la perception du mouvement, la vitesse d’intégration des informations..Et que dire de l’incroyable machine élaborée par le Borussia Dortmund

Même le monde de l’endurance, dont le rôle du cerveau fut longtemps laissé en friche, semble subir sa mutation dans le domaine de l’approche mentale.

Les techniques d’imagerie fonctionnelle du cerveau sont par exemple parvenues à identifier une région clef dans la perception de la fatigue. Cette zone baptisée l’insula postérieure voit son activité, au cours de l’effort, augmenter jusqu’à une valeur seuil à partir de laquelle l’athlète éprouve le besoin de faire une pause.

Déjà nombreux sont les entraîneurs qui se questionnent quant aux techniques susceptibles de rehausser le seuil limite à partir duquel l’effort est interrompu. L’impact de la motivation, les interactions existantes entre fatigues mentales et perception de l’effort, sont autant de champ d’études passionnants dont les nouveaux enseignements pourraient bien révolutionner l’approche de l’entraînement. 

 

Autour du même thème:

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Bibliographie 

Sport et Vie n°125, le multutasking pages 25-31

Cerveau et psycho Fevrier-Avril 2015 Se décider, bien et vite..pae23-26

http://lecerveau.mcgill.ca/

 



16/12/2015
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