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La VMA à bout portant

La VMA ne s’est jamais aussi bien portée….Il n’est pas rare que des tests VMA pour débutants soient proposés aux quatre coins de la France…..

Et avec la démocratisation des capteurs de puissance, les cyclistes et leur PMA ne sont pas en reste...

Elles sont souvent associées à un vocabulaire tout aussi jargonneux que rassurant : V02max, filière anaérobie, filière aérobie, acide lactique.. Et la plupart des athlètes, mêmes novices, aiment à jongler avec ce champ lexical en y ajoutant quelques chiffres et pourcentages….

Ce vocabulaire est  gage de crédibilité, de sérieux ! Il est même identitaire !! 

Les VMA ou PMA, seraient indispensables pour déterminer les intensités d’entraînement et les allures de course. Indispensables pour prévoir son temps sur 10, semi, marathon…

 

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Mais qu’est-ce que la VMA réellement ? La VMA a-t-elle une réelle signification d’un point de vue physiologique ?

  

Et si on cherchait à nous enfumer….A dissimuler derrière ce terme technique et un peu pompeux, un certain désarroi face aux mécanismes physiologiques complexes qu’implique l’effort physique..Et si la fiabilité de cet indicateur n’était qu’une énorme farce..un trompe l’œil…Sportifmytho a mené son enquête….

 

VMA et PMA  à bout portant !!

 

 

Principe et définitions

Commençons doucement…simplement.. par la définition …présente  dans les innombrables sites de coaching et running que je me suis forcé d’écumer, désireux d’être rigoureux et objectif…Et qu’y lit-on ?

Et bien , cette VMA serait la "vitesse maximale aérobie" et permettrait de déterminer la fameuse VO2max.

« Aérobie » car la filière produisant de l’énergie nécessaire pour atteindre cette vitesse implique l’utilisation de dioxygène.

Et le VO2max, désignerait  le maximum de dioxygène  que l’organisme peut prélever dans l’air ambiant, transporter jusqu’à ses muscles, et consommer par unité de temps dans de petits compartiments à l’intérieur des fibres musculaires…..Ces compartiments, appelée mitochondries, seraient de véritables petites usines productrices d’énergie...

Evidemment, plus vous possédez d’usines à énergie, plus celles-ci sont grosses,  plus vous avez la capacité de fournir de dioxygène à vos usines, et plus vous avez la possibilité de maintenir un effort de haute intensité et longtemps…

Mais quels sont ces tests ? Sont-ils fiables ? 

 

Des tests de terrains qui ne collent pas à la complexité des mécanismes physiologiques .....

Les tests simples, réalisables sur une piste, et  se proposant d’évaluer la VMA sont nombreux. On peut finalement distinguer les tests à intensité croissante comme le test VAM-EVAL et les tests à intensité continue dont le célèbre test de Cooper ou  Demi-cooper (6 minutes ) !

Les résultats obtenus  peuvent différer de 2 à 3 km/H entre ces tests. C’est énorme. Mais ne tirons pas tout de suite à boulet rouge.

Chaque test possède des inconvénients qui sont bien identifiés et des variables d’ajustement peuvent être appliquées. 

 

 Sur le terrain, le test VAMEVAL, par exemple,  permettrait d’évaluer la VMA à partir d’une course à vitesse progressivement accélérée par paliers d’une minute. Lorsque vous ne parvenez pas à rallier le plot suivant dans le délai escompté, vous avez atteint votre VMA. 

 

 

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Mais en laboratoire, il est fréquent d’observer que lorsque la consommation de dioxygène plafonne, les athlètes parviennent encore à effectuer un ou deux paliers de vitesse.

Il faudrait donc distinguer la vitesse minimale à VO2max, c’est-à-dire la vitesse à partir de laquelle l’individu atteint sa consommation maximale de dioxygène et la VMA  de terrain , qui correspond ici à la vitesse maximale que l’individu peut atteindre au cours d’un test d’effort par palier…

Concrètement, un athlète peut ainsi atteindre sa  consommation maximale de dioxygène à  14km/h, mais poursuivre son effort jusqu’à 16 km/h comme peut en témoigner ici la grande Véronique Billat,  reine de la physiologie de l'effort…(vidéo )

 

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Evolution de la consommation de dioxygène lors d'une course sur tapis roulant avant augmentation de la vitesse de course par paliers 

 

Ce surplus de vitesse est possible grâce à une sollicitation accrue d'autres filières ne nécessitant pas de dioxygène. L’une de ces filières contribue à une production importante de lactate et surtout d'ions H+ … Cet excès d'ions H+ augmente l'acidité du muscle et impose un arrêt plus ou moins rapide de l’effort, notamment selon votre capacité à exporter ces ions hors du muscle et les éliminer !

Ainsi, un test VMA par palier, sur un stade, ne vous permet pas d’évaluer précisément la vitesse minimale à partir de laquelle votre consommation de dioxygène est maximale. Seul un test en labo peut vous permettre de déterminer votre VO2max et votre véritable VMA. 

 

Oui ! Il n’y a pas d’intensité d’effort ne sollicitant qu’une seule filière énergétique......

Le terme de filière anaérobie (en absence de dioxygène) s’avère trompeur..Il laisse sous-entendre que la filière produisant des ions H+ et de l’acide lactique n’intervient que lorsque le muscle se retrouve dans des conditions où il manque de dioxygène….Or cette filière est toujours sollicitée…

Toute vitesse produit du lactate...La quantité de lactate, dans les cellules musculaires, augmente de façon proportionnelle à l’intensité de l’effort. 

Plus un muscle produit de lactate par unité de temps, plus celui-ci peut bénéficier d' une grande quantité d'énergie pour sa contraction..Les athlètes qui excellent sur 400 mètres parviennent à courir à plus de 30km/h en sollicitant à la fois la filière lactique et aérobie "plein pot " ! 

Parce que les filières énergétiques sont interdépendantes, indissociables, parce qu'il n'y a pas d'intensité d'effort où une seule filière énergétique est sollicitée, il est donc bien prétentieux  de prétendre que ces tests évaluent votre unique capacité aérobie....

 

Et, outre la part plus ou moins importante que peut prendre la filière produisant du lactate dans un test VMA de terrain, il convient aussi de mentionner, qu'avec l'entrainement, les athlètes parviennent à améliorer leur capacité à exporter les ions H+ et le lactate hors des cellules musculaires..Il est ainsi possible de maintenir un pourcentage élevée de la VMA sans pour autant être contraint de s'arrêter en raison d'une acidité musculaire trop forte ! 

 

 Vous êtes largué ?? Comment ça toutes les filières sont sollicitées au cours d'un effort ? Comment ça, seule leur part relative dans la production d'énergie varie selon l'intensité ? Comment ça elles sont indissociables ?? Comment ça il y a toujours production de lactate ?? C'est quoi ce délire ? Vous chancelez ? Déstabilisés...Allez ! Une petite vidéo explicative s'impose.... Sans gros mots !  Les filières énergétiques pour les buses !

Let's go !! ( et comme d'hab ! J'ai mis une photo de cul ! ) 

 

 

 

 

 

Un moteur..Ok ! Mais aussi des pneus et un conducteur....

Pour une vitesse donnée, toutes les voitures ne sont pas aussi économiques en carburant..

De la même façon, la consommation de dioxygène nécessaire pour déplacer un kilogramme de sa masse corporelle, à une vitesse donnée, peut différer fortement.

Il existe des coureurs  naturellement plus économes, qui parviennent à récupérer de façon optimale l’énergie élastique stockées dans les muscles et tendons à chaque appui…

Aussi, une foulée régulièrement sollicitée voit son efficacité augmenter. C’est ainsi que Paula Radcliff a davantage progressé en améliorant son économie de course que son VO2max...

Il est donc possible d’avoir un même VO2max et une VMA très différente en raison de cette économie de course…

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 Les athlètes Kenyans ne se distinguent pas par leur VO2max mais par une excellente économie de course

Des cannes de serein dotées de qualités neuro-musculaires et tendineuses exceptionnelles pour stocker et restituer l'énergie à chaque appui

 

 

Bon ! On tire ou pas ? 

 

Parce que les VMA de terrain ne permettent  pas  de déterminer la vitesse minimale à partir de laquelle la consommation maximale de dioxygène est atteinte…Parce que la VMA de terrain dépend aussi  de la filière lactique dans la production d'énergie...parce que cette VMA est aussi dépendante de l'économie de course et pas seulement  du V02max.....

Bref ! Parce que la VMA de terrain ne permet pas d’établir de corrélation sérieuse avec le V02max ! On tire !!

Mais la VMA est un très bon indicateur de la perf !! Meilleurs d’ailleurs que le VO2max…ET on comprends pourquoi...elle n'intègre pas qu'un seul facteur physiologique….et tient compte des qualités neuros et tendinos-musculaires...de plus, c’est un test simple et facilement  reproductible !!! Et qu'avons nous d'autre à notre disposition ? 

Effectivement, la meilleure façon de prédire son temps sur un 10 bornes, c'est de connaitre son temps sur 2 ou 5 bornes...Effectivement, la meilleure façon de déterminer son temps sur marathon, c'est de se servir de son temps sur 10 km....

Effectivement ! La meilleure façon de prédire son temps sur une distance, c’est de se servir de ses temps ou vitesses sur plus courtes distances…

Pour cette lapalissade à laquelle nous fait aboutir cette enquête sur la VMA…Pour cette belle coquille vide ! On tire ! !!!!!!!

 

 

Autour du même thème :

Le VO2max, dépoussiéré et désacralisé...

L'acide lactique pour les nuls

La diarrhée du coureur !

Histoire de couilles !

 

Bibliographe : 

http://www.ffs.fr/pdf/dss/FFSdtninfo-physio-lactates.pdf

Sport et Vie n°131 Mars-Avril 2012 / Les gros mensonges de la VMA

Lore of running Tim Noakes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



30/08/2015
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