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Sport et cancer

Facteurs génétiques, environnementaux ou même simple hasard, les causes de cancers sont nombreuses.

Une étude récente effectuée par deux thésards Américains, parue dans la revue Science du 2 janvier 2016 est même allée jusqu’à évaluer et classer les différents types de cancers en fonction de l’influence respective du hasard, de la génétique, ou l’environnement.

Le cancer du colon est ainsi classé dans le deuxième groupe, avec le cancer du poumon, du foie et de la thyroïde.

Ceux pour qui des facteurs environnementaux viendraient à accroître la fréquence d’apparition. Ceux qui ne seraient pas simplement dus au hasard !

Parmi ces facteurs, l’alimentation mais aussi  l’activité physique.....

Comment expliquer l’influence positive d’une activité physique sur ce  risque d’apparition ? Quelles explications scientifiques pouvons-nous proposer à cette corrélation statistique ?

 

 jo-wilfried-tsonga-nu.jpgTsonga pose nu contre le cancer 

 

 

 

Entre malchance, âge et environnement

Au cours des divisions successives de nos cellules, lors de la fabrication de nouvelles copies du programme génétique, des erreurs peuvent se produire. Celles-ci peuvent s’effectuer n’importe où ! Et si une mutation, une anomalie d’écriture, se produit sur un des gènes intervenant dans la contrôle de la division, cette cellule peut se mettre à proliférer sans contrôle.

Cette perte de contrôle implique plusieurs erreurs, sur plusieurs gènes. L’obtention d’une cellule cancéreuse implique donc l’accumulation d’erreurs successives sur plusieurs générations. Les risques sont donc proportionnels au nombre de divisions. 

Bref !  Pour reprendre les termes du professeur Fabien Calvo (institut Gustave Roussy ), le cancer est une maladie du « vieillissement ».

 

 cancer-colon-shcema-intestin.jpg

Les cellules du colon se divisent quatre fois plus que celles de l'intestin grêle. Le risque de tumeur dans cette zone est donc accru et augmente avec l'âge. Mais d'autres facteurs que le simple hasard semblent aussi clairement impliqués.

 

Des facteurs environnementaux peuvent aussi augmenter considérablement le risque d’ « erreurs d’écriture ». Oui!  La fumée de cigarette, certains aliments, contiennent par exemple des molécules qui peuvent modifier les lettres de votre programme génétique.

Et plus vous êtes en contact avec cet agent mutagène, plus le risque est élevé.

Pour illustrer l’action de ces molécules « attaquant l’ADN », le professeur David Khayat dans son livre, Les chemins de l’espoir, utilise cette métaphore :

« Imaginez que par mégarde vous traversiez un champ de tir militaire. Une mitrailleuse se met à tirer à l’improviste, sans vous viser particulièrement, au hasard. Vous courez pour essayer de sortir du champ de tir. Quelle est la probabilité pour que vous soyez touché par une balle de cette mitrailleuse ? Infime ? Pas vraiment. En réalité, tout dépend du nombre de balles que la mitrailleuse tire dans toutes les directions et de votre capacité à courir. »

C’est ainsi que des études ont démontré qu’éjaculer pouvait empêcher l’accumulation d’agent cancérigènes dans la prostate.

Oui ! La prostate fournit un liquide constitutif du sperme qui active les spermatozoïdes et les empêche de se coller.

 Ce liquide contient du potassium, du zinc, de l’acide citrique mais aussi peut  contenir du 3- methylchlanthrene, un agent mutagène présent dans la fumée de cigarette, et parvenu jusque dans la prostate via la circulation sanguine.

Ainsi, éliminer fréquemment ce liquide en se masturbant, c’est limiter le temps de contact avec l’agent mutagène. C’est nettoyer les tuyaux ! C’est « traverser plus vite le champ de tir ! »

 

valet.jpg

Le simple valet de son sexe 

 

Cette approche fut aussi évoquée pour le cancer du colon. Certaines études ( Cordain et al. 1986 ; Koffle et al 1992) mentionnent en effet que l’activité physique augmente la motilité intestinale. Par conséquent, le temps de contact entre les éventuels agents mutagènes présents dans nos aliments et les cellules du colon diminue !

Alors à nous le sport et la branlette ? 

 

 

 

 

 

Tout et son contraire

Malheureusement, comme aime à le rappeler John Loannidis, professeur à Stanford,grand habitué des pavés dans la mare,  la plupart des "découvertes" que le système de recherche  engendre ou enregistre n'en sont pas . Par la faute de protocoles inadaptés, de biais, de mauvais traitements statistiques voire de malhonnêteté intellectuelle, les résultats soi-disant significatifs sont trop souvent des faux positifs que l'on ne peut reproduire. Au bout du compte, en biomédecine, c'est jusqu'à 85 % des investissements faits dans les recherches qui sont perdus.

C’est ainsi que d’autres recherches ( Robertson et al 1993) démontrent que l’exercice n’améliore absolument pas la motilité intestinale et donc le transit des aliments. Exit par conséquent cette belle théorie.

Une autre hypothèse consiste alors à penser qu’un des facteurs pouvant accroître le risque de cancer du colon serait tout simplement un déséquilibre entre apport alimentaire et dépense énergétique. Une forte corrélation peut en effet  être établie entre masse graisseuse abdominale et cancer du colon.

 

Quant à la prostate. Des études semblent carrément démontrer que la masturbation serait au contraire un facteur de risque de cancer.

Une précédente recherche, relatée ici même sur ce blog , était parvenue à démontrer que le visionnage d’images érotiques permettait d’accroître le taux de testostérone chez l’homme. Cette augmentation naturelle se manifestait alors par une puissance plus élevée dans des tests de squat.

Malheureusement, une trop grande intensité masturbatoire occasionnée par de multiples stimulations érotiques, notamment entre 20 et 30 ans, pourrait être à l’origine d’une production hormonale trop importante.

Oui ! Ces hormones pourraient bien jouer un rôle clé dans l’apparition des cancers de la prostate.

Si la relation entre hormone mâle et cancer de la prostate reste mal comprise, il n’en reste pas moins que la privation en hormone, en cas de cancer de la prostate, peut parfois s'avérer efficace…Les oncologues parlent d'hormono-thérapie.

 

 

 

Une maladie complexe  

Reste une dernière piste inexplorée, celle du psychisme. Qu’il puisse exister une relation entre un certain profil psychologique et le risque de développer une tumeur reste difficile à établir. Dès les années 80 pourtant, certains oncologues tels que la Britannique Tina Morris s’étaient aventurés à supposer que les personnalités bienveillantes, patientes, qui n’expriment que peu leurs émotions, seraient bien plus sujet à contracter un cancer.

En réalité, les études sérieuses sur le thème de la personnalité et du cancer se comptent sur le doigt de la main. Il nous faut finalement peut être encore admettre que le cancer est une maladie très complexe, ou des facteurs génétiques, psychologiques, environnementaux peuvent interagir et se surajouter au simple hasard…..

 

Autour du même thème : 

Se doper à la testo en matant du porno

Baudelaire en short

Le secret des Kenyans

 

  

Bibliographie et sitographie:

Les chemins de l'espoir du professeur David Khayat

Masturbation 'cuts cancer risk'

Frequent sex and masturbation in 20s and 30s linked to higher prostate cancer risk

Un chercheur dénonce l'inutilité de nombreux travaux scientifiques ( passeur de sciences ) 



28/05/2016
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